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Un chef-d’œuvre de Mallet-Stevens aux enchères

Dec 22, 2016

Par Le Figaro Immobilier , AFP agence  Mis à jour le 17/05/16 à 17:05  Publié le 17/05/16 à 14:59

La Villa Poiret avait déjà été vendue en janvier dernier à une société immobilière pour 2 millions d’euros… avant qu’une surenchère ne vienne annuler la vente. Nouveau rebond à un feuilleton en plusieurs saisons.

La Villa Poiret ne reste jamais très longtemps dans l’ombre. La somptueuse bâtisse moderne conçue en 1923 par l’architecte Robert Mallet-Stevens pour le couturier Paul Poiret mais abandonnée par ses propriétaires endettés, sera à nouveau vendue aux enchères judiciaires mercredi à Versailles. Pourtant, son sort semblait plus ou moins scellé depuis janvier dernier, lors d’une audience au tribunal de grande instance de Versailles. La villa blanche plantée sur une colline de Mézy-sur-Seine – dans les Yvelines – avait alors été vendue aux enchères à G2AM, une société immobilière spécialisée dans la construction de centres commerciaux.

Cette mythique propriété de 670 mètres carrés avait été divisée en trois lots, tous adjugés à G2AM: deux terrains pour un total de 39.000 euros puis un ensemble comprenant la villa, son parc et sa piscine, pour 2 millions d’euros. L’histoire aurait pu en rester là. Mais au cours du délai de surenchère de dix jours suivant la vente, un autre acquéreur s’était manifesté pour la racheter, la société civile immobilière La Dame Mauve, filiale du groupe Fiducial Real Estate, qui a une importante activité de gestion d’immeubles. Résultat: la villa sera à nouveau mise à prix ce mercredi matin, cette fois sur une base de 2,2 millions d’euros, auxquels il faut ajouter 20.000 et 50.000 euros pour les terrains.

Ceinte d’une vaste terrasse en planches avec vue sur la vallée de la Seine et Paris, la demeure, inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1984, ne fut jamais habitée par Paul Poiret, qui fit faillite avant la fin des travaux. Il fallut attendre son rachat par la comédienne Elvire Popesco, dans les années 1930, pour que la demeure soit achevée par un autre architecte qui l’adapta au style paquebot. La comédienne y vécut jusqu’en 1985.

Rachetée par un industriel, plusieurs fois mise aux enchères, la villa a ensuite été acquise en 2006 par ses actuels propriétaires, puis restaurée. Mais, endetté, ce couple de promoteurs et marchands d’art a consenti à leur banque, Neuflize OBC, une hypothèque sur la demeure. Proposée à 4 millions d’euros par une agence, elle n’avait pas trouvé preneur: la banque avait donc engagé une procédure de saisie immobilière. Scandalisés par le principe d’une vente aux enchères, des descendants de Poiret et Mallet-Stevens avaient demandé à l’Etat d’intervenir en janvier dernier. Le ministère de la Culture avait alors formulé une promesse: «tout faire pour préserver cette villa dans son intégrité.»

Qu’adviendra-t-il de ces promesses? «On a un joyau de l’architecture du XXe siècle qu’on essaie de démembrer, avait réagi il y a quelques mois Dominique Barré, ancien maire de Mézy et également proche de la famille Poiret. Les promoteurs se fichent de la maison, ils veulent des terrains.» Même son de cloche chez les héritiers. G2AM disaient qu’ils voulaient «nous associer au projet. Mais on ne les connaît pas», se désolait pour sa part Caroline Poiret. Reste à attendre l’issue de cette énième vente aux enchères…

http://immobilier.lefigaro.fr/article/un-chef-d-oeuvre-de-mallet-stevens-a-nouveau-aux-encheres_08f94f30-1c2a-11e6-a2d5-b701e1114198/